WE Lauzière Mars 25

Publié le 27 mars 2025 par Luc Morel

Voici le CR de notre week end au refuge du plan de Lombardie (Chez Claire quoi 😉 ) du 22 au 24 Mars 2025

Résumé du J1 par Bertrand

En remontant la route de la vallée des Bellevilles qui mène à Val Thorens nous croisons une foule de voitures qui débaroulent dans l’autre sens, des gens qui sont venus de fort loin (beaucoup de Belges et de Hollandais) pour profiter de la montagne enneigée. Et mécanisée en l’occurrence. Mais qui serions nous pour critiquer cela, nous les nantis, les privilégiés qui allons bientôt bifurquer et monter dans une vallée sauvage ? Nous qui allons pendant deux ou trois jours voir des pentes de neige vierge, des chamois galopants et plein de traces d’animaux sauvages. Dans le calme.

Disons que cette opportunité se mérite un peu et qu’il faut porter les skis sur le sac pour accéder au refuge de Plan Lombardie, un nom qui nous laisse présager le meilleur; et nous ne serons pas déçus ! Et puis pouvoir accéder à cette merveilleuse ambiance c’est le fruit d’années de pratique en ski de randonnée ou en raquettes.

 

Chefs d’orchestre à l’initiative de ce séjour: Luc et Jean-Thomas. Les canetons: Claire, Elena, Stéphanie et Bertrand (oui il n’y a pas que des jeunes canetons). Le plan ? Il n’y a pas UN plan, mais bien douze milles dans l’imagination sans limite de nos encadrants ! Mission principale: passer du bon temps dans ce secteur particulièrement sauvage.

 

Jour 1: arrivés au Plan Lombardie on découvre un gîte fort sympathique avec une partie non gardée – celle qui nous concerne – et une partie gardée.

 

Nous posons là les affaires dont nous n’avons pas besoin pour la balade du jour (Le Bellachat dit aussi la Pointe du Mont du Fut) comme par exemple la tomme entière de 2 kg que Léna nous a soigneusement sélectionnée et que Luc a montée.

Nous repartons tout guillerets pour une vraie virée en ski de rando: franchissement de ruisseau, évolution dans les vernes, magnifique vallon suspendu et belle pente pour accéder à la crête sommitale.

 

D’ailleurs ici je me permets de prendre le volant de la narration car l’opération gagne en intensité, la pente s’est redressée et à cet instant je fais la trace. “Veux-tu partager ton analyse”, me demande-t-on gentiment et fort judicieusement en dessous. C’est qu’on doit se poser des questions sur le manteau neigeux; et on se les pose. On met de la distance entre nous. Régulièrement je tâte le manteau avec le bâton; le fait est que la quantité de neige mobilisable n’est pas négligeable; mais la neige est homogène, pas humidifiée (ce qui entraînerait une plus faible cohésion) comme on en aura le surlendemain, et pas plaquée (même si cette assertion pourrait être commentée – elle le fut d’ailleurs)… Le genre de moment où tous les sens sont en éveil et où le cerveau boucle en mode “observation → analyse → décision”.

 

La pente se raidit encore; au-dessus de nous se présente un échappatoire que l’on peut franchir à pieds, ski sur le dos, pour rejoindre la crête J’hésite et finalement je décide de monter en diagonale vers la droite où j’imagine pouvoir passer en ski. Mais à un moment je ne le sens plus. En dessous Jean-Thomas a pris le relais et tente la première option ; le reste de l’équipe le suit. J’ai “fait fusible” comme on dit dans le milieu.

Et j’hésite à nouveau: redescendre et suivre la voix qui semble s’imposer – et qui sera tracée par mes acolytes – ou faire ma trace ? Est-ce une coupable volonté de montrer mon indépendance ou de me distinguer ? Je mets les skis sur le sac et… je plonge. Je m’enfonce jusqu’à la taille dans la poudreuse de cette raide pente. Ce n’est plus du ski de randonnée c’est de la natation, version crawl. Celles et ceux qui ont joué à ça savent combien c’est éreintant de tenter de grappiller quelques pouces sans retomber sur les marques du pas d’avant, voire plus bas. Tel le fox terrier j’hume la neige (ça tombe bien j’ai vraiment le nez dedans) pour tenter de trouver un filon où elle serait plus ferme. Je cherche la meilleure technique pour poser mes bâtons afin que mes bras puissent contribuer à cette pitoyable tentative d’élévation. Au bout d’un quart d’heure d’effort je réalise que ce sera plus long que prévu, que mon coeur est au rupteur et que mes doigts ont vraiment froid. Je fais une pause pour récupérer mes gros gants dans le sac et pour faire redescendre le palpitant. Il me faudra encore du temps avant de voir enfin la crête se rapprocher, la pente s’assagir et la possibilité de remettre les skis. Dans l’intervalle je me suis un peu maudit et traité de couillon; à voix haute car c’est l’avantage de se trouver seul dans un tel endroit. On peut s’entretenir en toute clarté et en toute liberté avec soi-même.

Enfin sur la crête. La météo s’est un peu chargée à l’ouest et il y a un peu de vent mais rien de gênant. Je vois Jean-Thomas qui remonte la crête à ski et qui me rejoint.

Là j’objective à nouveau le récit car si l’échappatoire “naturel” que mes amis ont remonté fut un peu plus court il n’était pas totalement débonnaire et eux aussi ont brassé la peuf. Par ailleurs, le franchissement d’un rocher a été un moment épique.

Plus tard, Jean-Thomas et Léna continuent la crête jusqu’au sommet. Avec Luc, Claire et Stéphanie on entame la descente par la voix que j’ai si péniblement remontée. La pente est raide mais la neige est bonne. Nous appliquons une stratégie de sécurité classique: on identifie un endroit dans la pente (en général c’est sur un côté) où on sera à l’abri si une coulée se produit et ensuite on descend un par un jusqu’à ce point; puis rebelote sur une section suivante.

Léna et Jean-Thomas procèdent de la même manière et nous rejoignent quand on atteint la pente douce du vallon suspendu. La neige est agréable, transformée, et on peut se lâcher un peu jusqu’à la pause casse-croûte bien méritée. Nous attendent ensuite une partie de ski dans les vernes, une traversée de ruisseau et à titre de conclusion une courte remontée à pied jusqu’au refuge.

Ici il fait beau et nous sommes ravis de cette première petite aventure. On se désarnache et on prend nos appartements. On allume le feu dans le poële et on se met tous d’accord sur l’ordre dans lequel on va se désaltérer: d’abord un – ou deux – bols de thés puis les bières. Claire a monté 4 kg de cacahuètes et les chefs 6 litres de bières. On va pouvoir ouvrir un bar et faire payer les passants; sauf qu’ici personne ne passe. Tant pis pour les sous, on boira les bières nous-même !

J2 relaté par Stéphanie

Après une nuit tout confort dans ce petit refuge non gardé, c’est le grand ciel bleu qui nous accueille au lever du jour.
Notre petite équipe de 6 s’active pour chauffer l’eau, préparer le petit dej, et préparer les affaires pour la journée.
Départ 8h direction le Cheval Noir.
Une fine bande de neige nous permet de gagner de l’altitude sans avoir à trop déchausser.
Ambiance de printemps avec chaleur et soleil. La montée est régulière. Certains parmis nous découvrent que les traces bleues des itinéraires sur les cartes IGN sont pas si mal pour la rando à ski…
Descente avec une neige plutôt bonne : un peu dure au sommet, moquette poil court puis poil long. L’ambiance de ce vallon est magnifique. Jean Thomas nous guide sur l’unique bande de neige qui nous permettra de redescendre à ski jusqu’au refuge sur ce versant bien déneigé (bien vu !).
Le groupe se sépare en deux : celles qui doivent rentrer dimanche soir pour faire tourner la marmite, et ceux qui font une nuit de plus.
J3:

Nous nous retrouvons seuls le dimanche soir. Après l’autre groupe au refuge, Claire, Léna et Stéphanie redescendent, puis le gardien… Nous sommes seuls…

Sieste pour Bertrand et Luc pendant que Jean Thomas profite de l’extérieur avant de sombrer lui aussi dans un transat au soleil. Il se fera réveiller par de petits flocons sur le visage… On quitte le soleil de la journée pour la neige. On se dit « demain c’est l’Alaska, 1m de peuf, coincé pour la semaine au refuge ! ». Au final cela sera 10cm max, mais cela change le décor.

Repas autour d’un coucous marocains avec tomme et saucisson !

Le lendemain, ciel clair, sourires au p’tit Dej. On part sur le plan A de Jean Thomas : Pointe de la grande Combe.

Et c’est parti, on traverse de nouveau le petit torrent de la platière et nous montons en direction de plan Coutaz (ou Contaz…). Côté nivologie, la couche de neige est très humide et les réflexions vont bon train lors des premières pentes. Quel paysage magnifique lorsque nous remontons la grande combe de la Platière. Seuls, toujours ! Atteinte du sommet vers 11h, grâce à Jean Thomas qui a fait la trace tout du long ! La perspective de redescendre au refuge puis à la voiture par le chemin de monté ne plait guère à notre adepte de l’esthétisme de l’itinéraire. Il nous avait proposé une petite remonté vers un col sans nom afin de revenir à notre point de départ presque à skis ! Bertrand souhaitant se délecter d’une dernière bière au refuge fait le choix de redescendre directement. Jean Thomas m’emmènera pour 200m de dénivelé supplémentaires afin de rejoindre le départ par le pentes est des Monts dans une neige bien lourde, mais tant qu’on skie, on a la banane !

Nous retrouvons Bertrand à la Sauce.

Un grand merci à Claire, Stéphanie, Léna, Bertrand ! Merci à Jean Thomas, super content d’avoir monté ce week end ski avec toi !

Luc

Catégorie: Nos dernières sorties, Ski de randonnée

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